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En Grèce, un étudiant tire sur trois personnes et se suicide
Un étudiant de 20 ans a tiré des coups de feu, vendredi 10 avril, sur l'un de ses camarades dans la cour de son institut de formation à Athènes et sur deux autres passants devant l'établissement, avant de se suicider, a annoncé le ministère de la santé grec.
Le tireur, qui possédait deux armes de petit calibre, s'en est d'abord pris à son camarade dans la cour de l'établissement, juste avant le début des cours, et l'a touché au thorax. Il est ensuite sorti de l'établissement et a tiré dans les jambes de deux passants avant de se tirer une balle dans la tête.
L'homme a succombé à ses blessures alors qu'il était en train d'être opéré. Son camarade "a été hospitalisé dans un état sérieux tandis que les deux autres personnes sont légèrement blessées", a indiqué Panayotis Efstathiou, un responsable du ministère de la santé, cité par les télévisions grecques.
"Je ne peux plus être méprisé, je suis égoïste", était écrit sur un bout de papier découvert par la police dans le sac du tireur. Un couteau et plusieurs balles ont également été découverts dans son sac. Selon ses camarades, l'auteur de la fusillade, un Grec de la diaspora, originaire d'Abkhazie, était solitaire et avait des problèmes de communication avec les autres étudiants. Les actes de violence commis par des élèves ou étudiants dans les établissements scolaires grecs sont très rares.

 

 

A Sarajevo, l'UE met la Bosnie face à ses responsabilités
Face à Bernard Kouchner, des étudiants bosniaques attentifs, ce jeudi 9 avril. Ils rêvent de voyager sans visa sur le continent ; de voir leur pays s'arracher à ses divisions ethniques et territoriales, et intégrer l'Union européenne (UE). "L'Europe vous attend, l'Europe vous demande si vous êtes d'accord pour venir", leur a dit le ministre des affaires étrangères. Mais cet avenir européen de la Bosnie-Herzégovine dépend de la bonne volonté de ses dirigeants, toujours crispés sur leurs revendications nationalistes. "Sinon, changez-en !", leur lance-t-il.
C'est cet avertissement et ce message de responsabilisation qu'ont voulu adresser, lors d'un déplacement commun à Sarajevo, les 8 et 9 avril, trois ministres des affaires étrangères de l'UE (Bernard Kouchner, le Tchèque Karel Schwarzenberg - dont le pays préside l'UE - et le Suédois Carl Bildt). Malgré la signature, en juin 2008, d'un accord de stabilisation et d'association, première étape du chemin vers l'UE, la Bosnie souffre de sévères handicaps.
L'un tient à la panne institutionnelle de l'Union. "Nous avons besoin du traité de Lisbonne pour vous accueillir, a rappelé M. Kouchner au premier ministre, Nikola Spiric. Nous pensons que nous l'aurons avant la fin de l'année." Un autre réside dans la faiblesse du pouvoir central bosnien et l'extraordinaire complexité de son système politique. Depuis les accords de Dayton, qui ont mis fin à trois ans de guerre en 1995, la Bosnie est divisée en deux entités, la Republika Srpska (Serbes) et la Fédération croato-musulmane, elle-même composée de dix cantons avec chacun son exécutif et son assemblée. Le pays est dirigé par une présidence tournante à trois têtes. Tout le monde reconnaît la nécessité d'une réforme constitutionnelle, mais difficile de s'entendre sur le contenu. D'autant que les élections générales, prévues en 2010, alimentent la rhétorique nationaliste
PROJET D'INVENTAIRE
Les trois ministres européens ont voulu afficher leur soutien au "processus de Prud". Dans cette ville, le 8 novembre 2008, les trois plus importants partis de la coalition gouvernementale ont signé une déclaration de principe. Malgré les critiques, ils ont rapidement obtenu un résultat concret : un règlement du statut du district de Brcko, devenu fin mars "propriété commune" des deux entités.
Il existe un passage obligé sur la route vers l'UE : la fermeture du bureau du haut représentant international (OHR), actuellement l'Autrichien Valentin Inzko. Il serait remplacé par un représentant spécial de l'UE, marquant ainsi la fin du protectorat international. Mais les diplomates européens s'interrogent sur la position américaine. Parmi les conditions fixées avant le retrait du OHR figure la répartition des biens de l'Etat et de l'armée. Le premier ministre a annoncé jeudi un projet d'inventaire.( Piotr Smolar


 

Les Allemands "traversent la frontière des prix" pour faire leurs courses en Pologne
Souhaitez-vous régler en zlotys ou en euros ?" La question est mécanique dans ce supermarché de Slubice, petite ville polonaise collée à la frontière allemande. Ici, les touristes consommateurs venus d'Allemagne font partie du paysage. Côté polonais, au bout du pont qui sépare Slubice de sa voisine allemande, Francfort-sur-l'Oder, un grand panneau rouge et blanc donne le ton : "Vous traversez maintenant la frontière des prix."
La maxime se vérifie particulièrement depuis la fin janvier : la crise financière a provoqué un effondrement de la monnaie polonaise, jusqu'ici l'une des plus stables d'Europe de l'Est. Tandis que 1 euro s'échangeait contre 3,19 zlotys en juillet 2008, il en vaut aujourd'hui un peu plus de 4,50, après un record à 4,83 en février.
Sur les parkings des centres commerciaux, les voitures immatriculées en Allemagne sont légion. Le coffre de sa Mercedes bourré à craquer, Birgit Wilke s'apprête à regagner Berlin, à une centaine de kilomètres plus à l'ouest. Des victuailles, une poussette pour bébé (celui de sa nièce), des chaises pliantes pour le balcon : "Je ne suis pas une habituée du shopping transfrontalier, mais puisque ça vaut le coup en ce moment, il ne faut pas se priver", explique-t-elle. Avant de prendre la route, elle va rejoindre la longue file de véhicules qui font la queue à la pompe voisine pour un plein d'essence à prix record.
"Depuis deux mois, chaque week-end, c'est le même cirque sur le pont. Des bouchons, des bouchons, et encore des bouchons", soupire Beata, qui tient un commerce de cigarettes sur le bord de l'Oder. Assise derrière le comptoir de sa minuscule boutique, elle plonge à nouveau son regard sur la grille de mots croisés installée devant elle. "Pour moi, ça ne change pas grand-chose, on est bien trop nombreux à vendre la même chose", fait-elle remarquer.
Depuis l'entrée du pays dans l'Union européenne en 2004, l'afflux de consommateurs venus d'ex-RDA avait commencé à se tarir. Avec des prix qui explosaient dans une Pologne en plein boum économique, tandis qu'ils stagnaient de l'autre côté de la frontière, c'est même le phénomène inverse qui était en train de se développer. Ces dernières années, les Polonais ont été nombreux à franchir la ligne Oder-Neisse pour acheter des voitures allemandes et investir dans de l'immobilier bon marché.
Avec la crise, les villes polonaises de la frontière sont redevenues le paradis des bonnes affaires. Et pas seulement pour les fumeurs et les amateurs de vodka. "En ce moment, presque un tiers de notre clientèle vient d'Allemagne", calcule Jacek Piaskowski, vendeur dans le principal magasin d'électroménager et d'électronique de Slubice, Media Expert. "Avant, ils rentraient pour jeter un coup d'oeil. Ils achetaient parfois des CD vierges ou une bouilloire électrique, rien de plus, raconte-t-il dans un allemand hésitant. Maintenant, machines à laver, réfrigérateurs, téléviseurs à écran plat et appareils photo numériques s'écoulent à toute vitesse. Le magasin doit être réapprovisionné quotidiennement et certains produits sont entreposés devant la vitrine, faute de place." La crise ? "Chez nous, oui, c'est plutôt bon pour le chiffre d'affaires", sourit-il. / Marie de Vergès

 

  

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